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Transport commun (#3.b)

mercredi 30 avril 2014, par matthieu guérin

1.

Elle l’a vu. Du coin de l’œil elle l’a vu. Comme un réconfort qui la pousse à aller jusqu’en haut de l’escalier. à aller jusqu’au bout et les affronter.

2.

Il est assis sur un banc à côté du lycée et la regarde passer sur son vélo. C’est comme ça chaque matin. Ils se jettent un regard. Comme un connivence entre eux.

3.

Elle se sent un attachement à ce garçon. Elle ne l’a pas en cours comme on dit. Mais elle en a entendu parler par des collègues. Elle sait son nom. Elle sait ses difficultés avec a langue. avec la vie. Elle voudrait l’aider. peut-être. Mais ils ne se connaissent pas. Elle ne sait pas comment l’aborder. Il a dix-sept ans et l’air d’en avoir vingt et d’avoir vécu. Il l’impressionne un peu.

4.

Quand elle arrive dans la salle des professeurs pour ses dix minutes de solitude elle l’oublie. un temps.

5.

Le processus est réglé. Elle pose son sac dans le coin. Ouvre son casier par habitude et jette un regard distrait sur les feuilles qui s’y sont déposées. Fouille sa poche pour trouver quelques pièces. Les introduit dans la fente et attend son café.
Puis elle le récupère et va s’asseoir sur un fauteuil les pieds sur la table basse. Elle écoute le silence - relatif, dans un lycée. Peu d’élèves sont arrivés ou alors ils sont dans la rue en attendant la sonnerie et pas de collègue ou déjà dans leur salle.

Ces dix minutes sont à elle.

6.

le silence. et son café. réconfortant.

7.

Même si elle l’avait prévu la sonnerie lointaine du début des cours retentit et lui serre le ventre.
Encore cinq minutes et la deuxième sonnerie qui marque le début réel du cours se fera entendre.

8.

Elle prend ses affaires sort de la salle des professeurs traverse le hall et monte lourdement l’escalier.
Elle ouvre la porte de sa salle et entre dans sa peau professionnelle. Coup d’œil au tableau. propre. Coup d’œil à la disposition des tables et des chaises. rangées.
Elle ouvre le placard prend la pochette avec son cours et les photocopies des élèves l’ouvre et se tient prête.

9.

Elle avait refermé la porte de la salle derrière elle. Toujours. Pour être tranquille encore quelques minutes. Sinon les élèves entrent en désordre et le cours sera difficile à lancer. Elle a appris ça.
Quelques instant encore. Seule. Face à sa salle vide. Elle respire profondément. Elle essaie d’imaginer les élèves qu’elle entend derrière la porte. Il sont joyeux. Ils rient. Ils ne savent pas ce que ça peut déclencher chez un prof des élèves qui rient derrière une porte. La suspicion toujours qu’ils vont faire une bêtise.
Elle essaie d’imaginer aussi ce qu’eux imagine du prof derrière sa porte. Peut-être qu’ils n’imagine rien. Qu’ils la pensent absente. et qu’il sont content.
Ils sont content parce que pour eux l’heure de cours est un supplice. un désespoir face à leurs incapacités auxquelles ils doivent faire face. regarder.

10.

La deuxième sonnerie. Elle se redresse traverse la pièce ouvre la porte. Elle le voit passer. Bonjour. C’est. maintenant.

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